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GATSBY LE MAGNIFIQUE de Francis Scott Fitzgerald

Imprimé en 2025- Traduit par Jacques Tournier

J’ai aimé Tendre est la nuit (Tender is the night) du grand écrivain américain Francis Scott Fitzgerald (1896-1940). Et j’ai eu envie de découvrir Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby) publié en 1925 aux Etats-Unis, traduit et publié en français à partir de 1926.

Le roman est profondément désenchanté et pessimiste et en même temps traversé d’une exaltation fiévreuse et romantique, tout le long.

Le narrateur, Nick Carraway appartient à une famille éminente et influente du Middle West. Il se présente comme une personne honnête. Et il l’est. Il est quasiment le seul personnage honnête et moral du roman. Nick conte au lecteur, en lui en délivrant les clés petit à petit, l’histoire de son voisin Jay Gatsby dont il est devenu l’ami, sans être l’intime. Jay Gatsby habite une magnifique villa sur l’île de Long Island à côté de New-York. Il y organise des fêtes somptueuses et hors de prix où viennent ses invités et les amis de ses invités et les amis des amis des invités ! Chacun profite du luxe inimaginable de ses fêtes tout en s’interrogeant cyniquement sur l’origine et la légalité de la fortune de Gatsby. Gatsby n’a pas vraiment d’amis dans la société très huppée de Long Island. Il est un nouveau riche qui ment sur ses origines.

La plupart des personnages de cette riche société de Long Island sont égoïstes et amoraux. C’est une société américaine superficielle, obsédée par l’argent. Les fêtes de Gatsby attirent par leur faste et la réputation sulfureuse de leur hôte. En s’imposant au sein de cette société qu’il a recherchée et en y faisant l’étalage de sa fortune, Gatsby poursuit le rêve exalté et romanesque d’un amour de jeunesse. Retrouver et reconquérir l’amour de Daisy, une jeune femme avec qui il a partagé une histoire d’amour, quelques années plus tôt.

Francis Scott Fitzgerald raconte l’histoire de cet amour extravagant avec son étonnante sensibilité masculine. Il sculpte et cisèle des phrases imagées et précieuses. Il semble toujours à la recherche des mots, des expressions qui traduiront le plus exactement les sensations, les sentiments, la vérité des personnages.

Des extraits du roman racontent mieux que je ne peux le faire l’écrivain qu’est Fitzgerald :

« Et nous avons gagné la Cinquième avenue, si chaude et paresseuse en ce début d’été, d’une douceur si pastorale, que j’aurais trouvé naturel de voir un troupeau de moutons tourner brusquement le coin de la rue. » Page 42

« La lune, ronde et blême comme une hostie, surmontait la demeure de Gatsby et ses jardins encore illuminés, et rendait à la nuit sa pureté intacte, que les rires et les clameurs qui s’étaient élevées vers elle n’avaient pas réussi à corrompre. Une solitude brutale semblait sourdre des portes et des hautes fenêtres, nimbant d’un halo de vide absolu la silhouette du maître de maison, immobile sur son perron, la main levée en un geste d’adieu de pure forme. » Page 74

« Cela tenait à la colossale vigueur de son aptitude à rêver. Il l’avait projetée au-delà de Daisy, au-delà de tout. Il s’y était voué lui-même avec une passion d’inventeur, modifiant, amplifiant, décorant ses chimères de la moindre parure scintillante qui passait à sa portée. Ni le feu, ni la glace ne sauraient atteindre en intensité ce qu’enferme un homme dans les illusions de son cœur » Page 121

Fitzgerald, par la voix de Nick, le narrateur, conduit son récit avec une sorte d’urgence fébrile car il sait que « Ni le feu, ni la glace ne sauraient atteindre en intensité ce qu’enferme un homme dans les illusions de son cœur ». Seuls l’absolu amour de Gatsby pour Daisy et l’amitié désintéressée de Nick pour Gatsby modèrent le désenchantement du roman ; le désenchantement de Fitzgerald qui abandonne une partie de ses illusions…

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TENDRE EST LA NUIT un roman de Francis Scott Fitzgerald

Le livre de poche Édition 20 novembre 2014
LE LIVRE DE POCHE
Édition 20 novembre 2014

Tendre est la nuit est un roman du romancier américain Francis Scott Fitzgerald publié en 1934 et traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Tournier.

L’écriture de Fitzgerald, imagée, poétique, fiévreuse est ce que je préfère dans Tendre est la nuit. Je cite plusieurs extraits du roman pour illustrer comment Fitzgerald cisèle ses phrases pour donner vie aux jeux de la comédie sociale et aux tourments des personnages.

Le roman débute par la présentation d’une petite société d’américains aisés séjournant dans le sud de la France, sur la côte d’azur. Dick et Nicole Diver, un jeune couple d’américains sont au centre de cette société, ceux autour de qui tout tourne et tout se passe. La vitalité de Dick, sa maîtrise en toute circonstance, son tact, attirent irrésistiblement.

« Être admis, pendant un moment, dans l’univers de Dick Diver était, de toute façon, une expérience inoubliable. Il donnait aux gens l’impression d’avoir pour eux des attentions particulières, de déceler, sous l’amas des compromissions qui l’avaient étouffé depuis tant d’années, ce que leur vie pouvait avoir d’unique et d’incomparable. Personne ne résistait longtemps à son exquise politesse, aux égards qu’il poussait si loin, et de façon si intuitive qu’on ne pouvait les mesurer qu’aux résultats qu’il obtenait ». Page 45

Nicole, sa femme, plus réservée, impressionne par sa beauté.

« On pouvait décrire son visage, en termes de beauté classique, mais il paraissait, au départ, avoir été créé, sur un trop grand format, dans des proportions excessives, avec une ossature épaisse, fortement accusée, comme si les traits principaux, le dessin des sourcils et du front, le teint lui-même, tout ce qui évoque pour nous le tempérament et le caractère avaient été conçus, dans un premier temps dans un emportement héroïque, par un disciple de Rodin, puis longuement ciselé et poli, pour le conduire vers une beauté si parfaite que l’erreur la plus infime lui aurait fait perdre à jamais son évidence et son pouvoir ». Page 31.

Fitzgerald raconte le charme unique d’un dîner chez les Diver, dans le jardin de leur maison, au flanc de la colline, en aplomb de la mer.

« Des vers luisants traversaient les ténèbres. Très loin au pied de la colline, un chien aboyait sourdement. La table donnait l’impression de s’être détachée du sol et de s’élever lentement vers le ciel, comme une piste de danse dotée d’un mécanisme, et tous ceux qui avaient pris place autour d’elle semblaient les habitants d’un univers nocturne qui n’appartenaient qu’à eux seuls, nourris de ses seules nourritures, réchauffés à ses seules flammes. […] Nicole et Dick Diver s’animèrent brusquement, se mirent à flamboyer, à s’épanouir, comme pour faire oublier à leurs invités, en les persuadant de leur propre importance, en les flattant par des attentions raffinées, ce qu’ils avaient pu laisser derrière eux. Pendant un bref instant, Nicole et Dick Diver semblèrent se démultiplier, parler à tout le monde en même temps, et à chacun en particulier, en les assurant de leur tendre amitié, de leur véritable affection […]. Puis, brutalement, la table retomba – ce bref instant pendant lequel les hôtes des Diver avaient été hardiment arrachés au simple plaisir de dîner ensemble, pour s’élever jusqu’aux couches les plus secrètes du sentiment, ce bref instant était passé avant même qu’ils en aient gouté la saveur […] ». Pages 53– 54

Aux yeux du monde, les Diver sont un couple très uni. Parlant de son couple, Dick déclare:

« Il faut que nous vivions ensemble Nicole et moi. D’une certaine façon, vivre ensemble est plus important que simplement vivre ». Page 107.

Ce couple sublime, admiré et dont chacun veut être proche, a pourtant une faille, inconnue de leurs amis.

En avançant dans la lecture, le lecteur découvre que quelques années avant leur séjour sur la côte d’azur, Dick, jeune et prometteur docteur psychiatre, a rencontré Nicole dans un établissement de soins psychiatriques où elle était sa patiente. Il est tombé amoureux d’elle et l’a épousée alors qu’elle était en voie de guérison.

Peu à peu, la tonalité du roman change et se fait plus sombre. Le monde hédoniste du début se fissure et le livre devient le récit de la lente désagrégation du couple. Dick ne supporte plus d’être le pilier indestructible de sa femme dont la santé mentale reste fragile, celui duquel elle tire toute son énergie. Il a l’impression que Nicole vampirise sa force vitale.

Le roman est d’inspiration autobiographique puisque Zelda Fitzgerald, la femme de Francis, souffrait de troubles mentaux et fut hospitalisée dans des établissements psychiatriques où elle est décédée. Le couple était très célèbre dans les années 1920 où ils menaient une vie fastueuse et gaie de fêtes et d’excès.