Un livre de Patrick RAMBAUD « La Bataille »

Plan de la bataille d’Essling près de Vienne sur les rives du Danube

Je vais vous parler d’un livre de Patrick RAMBAUD, « La Bataille ». Patrick RAMBAUD est un écrivain français prolifique qui a publié des pastiches, parodies (Chroniques du règne de Nicolas 1er,… ) et des romans historiques, inspirés par l’épopée napoléonienne, notamment.

« La Bataille » tire son origine d’un projet de livre d’Honoré de BALZAC sur la bataille d’Essling (1809) que ce dernier n’écrira finalement pas. Patrick RAMBAUD a repris ce projet et écrit ce roman très réussi, récompensé par le Prix Goncourt et le Grand prix de l’Académie française (1997) . Il y mêle des personnages historiques – Napoléon, les maréchaux présents à la bataille d’Essling (Lannes, Masséna, Bessières…), Stendhal qui travaillait dans les services de l’intendance de l’armée et des personnages imaginaires.

La bataille d’Essling a opposé l’armée française à l’armée autrichienne à côté de Vienne. Elle a fait plus 40 000 victimes. Elle est généralement considérée comme une bataille sans vainqueur, mais également comme un échec de Napoléon et en Autriche, comme une victoire autrichienne.

Pour écrire son livre Patrick RAMBAUD s’est appuyé sur des mémoires d’époque et des ouvrages historiques. Il a lu notamment les mémoires du maréchal Masséna, un des principaux acteurs de la bataille (qui reçut le titre de Prince d’Essling) et les mémoires de Constant, le valet de chambre de l’empereur. Le roman comporte de nombreux détails historiques sur les personnages, les uniformes, les vêtements de l’empereur (sa culotte tâchée d’encre car il avait l’habitude d’y essuyer ses plumes ) et le déroulement de la bataille. Les indications topographiques sur le lieu de la bataille proviennent des mémoires de Masséna…

L’art de l’écriture de Patrick RAMBAUD donne vie à cet épisode de l’histoire. Il décrit avec un réalisme et un luxe de détails impressionnant, les assauts de la cavalerie, l’action de l’artillerie, le travail des pontonniers et des sapeurs pour consolider des ponts sur le Danube en crue, …

Et aussi, il montre la lassitude des soldats, des officiers, des généraux, des maréchaux et leur dégoût de la guerre et de ses tueries… Et le refus ou l’impossibilité pour Napoléon de les entendre, enfermé dans la certitude de ses victoires à venir.

Un livre de Deon MEYER « 13 heures »

J’ai découvert les livres de Deon MEYER en lisant un article qui lui était consacré et m’a donné envie de le lire. Deon MEYER est sud-africain. Il écrit des romans policiers, en langue afrikaans, traduits et publiés dans le monde entier.

« 13 heures » est un de mes préférés. Il raconte deux enquêtes menées simultanément par les polices de la ville du Cap : la recherche d’une jeune touriste américaine poursuivie par une bande de jeunes sud-africains qui veulent la tuer (on comprendra les raisons de cette traque, à la fin du livre) et l’élucidation du meurtre d’un producteur de disque afrikaner.

L’énergie de Deon MEYER est phénoménale. Le rythme haletant du roman calqué sur celui de la fuite de la jeune touriste essayant d’échapper à ses poursuivants, ne faiblit pas du début jusqu’à la fin. Les deux enquêtes sont naturellement mêlées car menées par les mêmes équipes de policiers, des hommes et des femmes d’origine différente et ayant des langues maternelles différentes: le xhosa (la langue maternelle de Nelson Mandela), l’afrikaans, le zoulou, l’anglais… Et qui travaillent ensemble. Le livre (et d’autres livres de Deon MEYER) nous fait, en effet, découvrir la grande diversité et complexité de la société sud-africaine.

Les principaux personnages du roman sont ancrés dans la vie de tous les jours et leur histoire personnelle donne une grande densité humaine et psychologique à ce roman d’action: le capitaine Benny Griessel, afrikaner, qui doit former et coacher les policiers d’origine africaine (conséquence de la politique visant à favoriser l’accès des Noirs au pouvoir politico-économique), Mladeni Kaleni, la brillante et intraitable policière zoulou, Alexandra Barnard, la chanteuse déchue,…

Ancien journaliste, Deon MEYER a eu des entretiens avec des professionnels de l’industrie sud-africaine du disque et avec des policiers (il a même passé une semaine dans une direction de la police), pour nourrir « 13 heures » de détails et de faits qui en font ce roman très riche, qui nous tient en haleine et que l’on quitte avec regrets. Alors, lisez-le !

Pour terminer, intriguée par les noms d’origine française de certains personnages, j’ai appris que des huguenots français émigrés en Hollande après la révocation de l’Edit de Nantes ont fait partie de la première vague de colons hollandais installée en Afrique du Sud, au 17ème siècle.

Un livre de Yasushi INOUE « Le fusil de chasse »

Yasushi Inoué est un écrivain japonais (1907-1991). J’ai découvert « Le fusil de chasse », dans une sélection de livres à lire, dans la presse.

Il s’agit d’un roman épistolaire très court (88 pages). Les principaux thèmes sont l’amour, le secret, le mensonge. Ce chef d’œuvre, le mot ne me parait pas excessif, est écrit dans une langue infiniment délicate, épurée, poétique avec de très belles images. Les liens de l’amour y sont dépeints avec une terrible lucidité. On y voit que le secret et le mensonge mènent forcément à une impasse.

Enfin, le roman nous interroge sur ce qu’est le sens d’une existence. Il faut le lire.

Un livre d’Olivier TRUC « Le dernier Lapon »

« Le dernier lapon » est un roman policier d’Olivier TRUC. Il a reçu de multiples prix et récompenses. Olivier TRUC est le correspondant du journal Le Monde à Stockholm pour les pays nordiques et baltes. Il fait également des documentaires pour la télévision.

Le roman se situe principalement en Laponie norvégienne. La Laponie tout au nord de la Scandinavie recouvre la Norvège, la Suède et la Finlande. C’est la région des Samis (ou Lapons), peuple autochtone et désormais minorité ethnique. Certains sont encore éleveurs de rennes.

Le roman raconte l’enquête de deux policiers de la « Police des rennes » norvégienne en charge d’élucider le meurtre d’un éleveur de rennes et le vol d’un tambour traditionnel sami du 18 ème siècle (utilisé autrefois par les chamans).

Ce livre très riche, très dense, est nourri de toute la connaissance acquise par Olivier TRUC, dans son métier de journaliste et de documentariste. La résolution du meurtre et du vol, permet de découvrir cette région du monde, au-delà du cercle polaire: son histoire, ses traditions, ses conflits, les dures conditions de vie des éleveurs de rennes, la transhumance des troupeaux de rennes, la prospection minière et pétrolière…

Et comme c’est un roman policier, Olivier TRUC nous tient en haleine avec des rebondissements et notre attention ne retombe pas jusqu’à la fin du livre et l’élucidation du meurtre et du vol. On s’attache aux deux policiers qui mènent l’enquête, un policier d’origine Sami et une jeune norvégienne et aux autres personnages du roman.

En résumé, « Le dernier lapon » est un formidable roman que l’on quitte avec regret. Heureusement, ce n’est pas le seul écrit par Olivier TRUC. Il a notamment écrit « Le détroit du loup », un autre roman policier, en lien avec l’exploitation pétrolière norvégienne, également nourri de tout le savoir qu’il a acquis dans son métier de journaliste et de documentariste. On y retrouve la jeune policière norvégienne de la « police des rennes » du « Dernier lapon ».

Les livres de Chimamanda Ngozi Achidie

Chimamanda NGOZI ACHIDIE

« Un livre et le monde est plus grand « 

 » Un livre et tu vis plus fort « 

J’ai lu ces deux slogans sur des affiches de manifestations pour le livre. Et c’est exactement ce que je ressens quand je lis un livre que j’aime.

Je vais vous parler des livres de Chimananda NGOZI ADICHIE. Chimamanda est une écrivaine nigériane de langue anglaise. Ses livres ont reçu plusieurs récompenses. Elle vit entre Lagos et Washington (wikipedia). J’ai lu deux de ses livres « Americanah »et « L’hibiscus pourpre ». J’ai découvert « Americanah » par hasard car le roman était conseillé par un magasin FNAC.

Ces deux romans nous montrent le monde dans lequel nous vivons en nous parlant d’intolérance, d’amour, de condition féminine, de corruption, de générosité…, mais sans jamais rien simplifier. Americanah se situe aux ÉTATS-UNIS et au NIGERIA; L’hibiscus pourpre, au NIGERIA. Les deux romans nous font découvrir le NIGERIA: la société, les langues qui y sont parlées, les principaux groupes ethniques, les religions…

La puissance créatrice de Chimamanda nous entraîne et nous fait partager l’histoire de ses personnages. Elle leur donne vie avec beaucoup de profondeur et de finesse, en les ancrant dans le quotidien le plus banal. Elle les décrit avec une multitude de détails mais pourtant son écriture est fluide, fluide…

Je ne veux pas trop déflorer le sujet des deux livres pour que vous en ayez la surprise. En résumé, Americanah est l’histoire d’une blogueuse nigériane qui vit aux ÉTATS-UNIS, qui y a réussi et qui décide de repartir au NIGERIA. Le livre parle aussi de racisme (ou plutôt de la condescendance des occidentaux vis à vis des africains). C’est aussi une histoire d’amour.

L’hibiscus pourpre raconte un moment de l’adolescence d’un frère et d’une sœur dans une riche et influente famille nigériane. Je crois que j’ai préféré L’hibiscus pourpre car le sujet est très original.

A vous de lire maintenant, si vous en avez envie!

Mon premier billet d’humeur

Je vais parler de l’affaire Benalla. Alexandre Benalla a certes commis des actes répréhensibles dont la justice est saisie et sur lesquels, elle se prononcera. Mais, rien dans ce qu’il a commis ne justifie selon moi le retentissement donné à cette affaire, qualifiée « d’affaire d’État « , par le journal Le Monde, ni le temps qui y a été et y est consacré par les médias et institutions (commission d’enquête du Sénat, notamment).

Par contre, je m’étonne de l’intérêt limité accordé par les médias français à l’affaire Cesare Battisti et de leur absence d’indignation, à son égard. Cet homme, membre d’ un groupe armé terroriste italien à la fin des années soixante (Battisti ne l’a jamais nié), accusé et condamné pour meurtre en Italie, vient en effet de reconnaitre sa responsabilité dans 4 meurtres. Je n’ai lu aucun article dans la presse française s’interrogeant sur la pertinence du soutien apporté par des personnalités du monde politique ou culturel à Battisti ou le remettant en cause. Pourtant les faits reprochés à Cesare Battisti sont autrement plus graves que ceux reprochés à Alexandre Benalla.

Bon, la prochaine fois, je vous parlerai de livres que j’ai aimés.