À la Une

MENSONGES SUR LE DIVAN un roman d’Irvin Yalom

Edition Le Livre de Poche – 617 pages

Une amie m’a prêté Mensonges sur le divan un roman d’Irvin Yalom traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Clément Baude. Irvin Yalom, né en 1931 à Washington, est professeur émérite de psychiatrie à l’université de Stanford, psychothérapeute et auteur de nombreux essais et romans.

Je me suis rappelée que j’avais déjà lu un de ses romans, Le problème Spinoza. J’y avais découvert Baruch Spinoza, le philosophe, qui au 17ème siècle, avait eu l’extraordinaire liberté d’affirmer que la religion de ses parents, celle dans laquelle il était né, n’était pas supérieure aux autres religions et n’était pas la seule « vraie » religion.

Mensonges sur le divan met en scène deux psychanalystes, Ernest Lash et Marshal Streider. Marshal est le superviseur d’Ernest. Ce dernier, au fur et à mesure qu’il avance dans sa pratique professionnelle, est amené à remettre en cause la doctrine orthodoxe de la psychanalyse. Il estime que le thérapeute ne doit pas se concentrer sur le transfert à savoir « les sentiments irrationnels que le patient éprouve pour son psy »1, « relation iréelle et déformée »2 mais sur « le lien réel et authentique« 3 qui l’unit à ses patients (je dois avouer que je suis très ignorante en matière de psychanalyse et que j’ai toujours eu du mal à comprendre ce qu’est ce fameux transfert et son rôle thérapeutique).

Ernest veut remettre en cause « la neutralité analytique », qu’il qualifie d’inauthentique et de « roublarde ». Il se donne comme règle thérapeutique fondamentale, de donner à chaque patient, une pleine attention. Il considère que la sincérité absolue du thérapeute avec son patient est une clé du succès de la thérapie. Ainsi, l’honnêteté de la démarche thérapeutique et le respect parfois délicat des règles de déontologie sont au coeur de Mensonges sur le divan.

J’ai bien aimé ces discussions et interrogations fouillées sur ce que doit être la pratique d’un psychothérapeute et son éthique. Mais attention, le roman (qui est parfois un peu bavard), ne se réduit pas à un débat doctrinal, loin de là, en fait, il est très drôle. En effet, nos deux psychothérapeutes, Ernest et Marshal, vont être amenés à s’occuper de patients qui se sont adressés à eux avec des intentions cachées et peu avouables qui n’ont absolument rien à voir avec leur souffrance psychique… Et oui, la parole d’un patient n’est pas forcément sincère…

Car le mensonge et la manipulation sont les moteurs du roman qui s’apparente parfois à une grosse farce qui n’épargne pas l’image de la psychanalyse et des psychanalystes. Mais au final, la psychanalyse s’en sortira bien et son image sera sauve!

1. page 334, 2. page 334, 3. page 334