La PROMESSE DE L’AUBE un roman autobiographique de Romain Gary

Folio Edition Gallimard 1980

La promesse de l’aube est un roman autobiographique de Romain Gary. C’est le récit de son enfance en Pologne, de sa jeunesse en France et enfin de son engagement dans les Forces Françaises Libres, pendant la seconde guerre mondiale. L’œuvre est d’abord un hommage et une déclaration d’amour de l’auteur à sa mère.

Sa mère l’a élevé seule, en travaillant, déployant une énergie, une combativité et une audace, hors du commun. D’un caractère entier et excessif, elle voue à son fils une véritable adoration et le met au-dessus de tout. Elle a pour lui des ambitions démesurées et est persuadée qu’il deviendra un jour un grand écrivain (Tolstoï ou Hugo) ou un ambassadeur de France! Afin que ces rêves extravagants puissent devenir réalité un jour, elle se bat pour lui donner la meilleure éducation (meilleurs établissements scolaires, cours particuliers,…). Elle transmet aussi à son fils, un amour inconditionnel de la France, pays qu’elle ne connait pourtant qu’au travers de récits ou de lectures! Dès son enfance, Romain Gary sait qu’il doit à sa mère de réaliser les rêves grandioses qu’elle a formés pour lui.

L’amour de la mère pour son fils est le fil conducteur de l’oeuvre. Au delà, un merveilleux souffle lyrique et romantique, parcourt le récit de bout en bout. Tout au long, l’auteur y exprime ses convictions, ses réflexions, ses idéaux – humanisme, pacifisme, fraternité,… Le récit alterne des moments d’optimisme et de confiance en la vie, avec des moments désabusés et désenchantés, mais l’humour et une drôlerie irrésistible sont toujours présents; comme un geste d’élégance de la part de l’auteur qui semble nous dire, je ne suis pas présomptueux, je ris de moi-même.

Voici quelques extraits du récit pour donner envie de le lire à ceux qui ne l’ont pas encore fait, car depuis sa publication en 1960, ce livre rencontre le succès auprès des lecteurs.

« Les hommes âgés, n’ont jamais eu d’ascendant sur moi, je les ai toujours considérés comme étant hors jeu et leurs conseils de sagesse, me semblent se détacher d’eux comme des feuilles mortes d’une cime sans doute majestueuse, mais que la sève n’abreuve plus. La vérité meurt jeune. » Page 116 Folio Editions Gallimard 1980

« Mais je venais d’avoir dix-sept ans et je ne savais encore rien de moi-même; j’étais donc loin de soupçonner qu’il arrive aux hommes de traverser la vie, d’occuper des postes importants et de mourir sans jamais parvenir à se débarrasser de l’enfant tapi dans l’ombre, assoiffé d’attention, attendant jusqu’à la dernière ride une main douce qui caresserait sa tête […]. » Page 180

« Les hommes, les peuples, toutes nos légions me sont devenus alliés, je ne parviens pas à épouser leurs querelles intestines et demeure tourné vers l’extérieur, au pied du ciel, comme une sentinelle oubliée. Je continue à me voir dans toutes les créatures vivantes et maltraitées et je suis devenu entièrement inapte au combats fratricides. » Page 388

Pour conclure, ce livre porte une vision très romantique et déraisonnable du monde. L’amour pour la France, de Romain Gary, russe naturalisé français en 1935, ne peut seul expliquer son engagement dans la France Libre en 1940 et son audace pour rejoindre l’Angleterre. Il lui aura fallu aussi une bonne dose de romantisme et d’exaltation pour se jeter à corps perdu dans une telle aventure. Mais, comment pouvait-il en aller autrement, puisque sa mère l’avait élevé avec la certitude qu’il connaitrait un destin exceptionnel parce qu’il était exceptionnel!

Enfin, je mets un lien vers l’article du blog Bibliofeel sur La Promesse de l’Aube qui m’a donné envie de le lire https://wordpress.com/read/blogs/158605931/posts/1109